« MEMOIRE ET AVENIR DES CINEMAS DE L’AFRIQUE ET DE SA DIASPORA »

Des images de l’Afrique, par l’Afrique et pour le rayonnement de l’Afrique ! Pendant 50 ans ! Autrement dit c’est l’oeuvre du FESPACO en un demi-siècle au service du cinéma et de l’audiovisuel africains. Né en 1969 à Ouagadougou dans une atmosphère de forte domination de films étrangers et de faibles productions africaines, rien ne présageait un tel sort de régularité et de durabilité, désormais inscrit dans le marbre.

L’indignation militante et la détermination à toute épreuve des pionniers, appuyées par une ténacité inébranlable des organisateurs, des autorités et des partenaires, ont permis de stabiliser la biennale du cinéma africain doté d’un contenu professionnel et populaire. Certes l’enjeu principal de diffuser toutes les oeuvres du cinéma africain demeure encore utopique. A contrario, une telle utopie n’a-t-elle pas stimulé notre FESPACO à mieux jouer sa partition dans la promotion des films africains ?

La marche ne fut pas que radieuse même si des acquis en termes de mobilisations de cinéastes, de cinéphiles, de films, de rencontres professionnelles et de marchés de films, le laissent croire. De même, le rôle joué dans la fédération des identités partagées ou non par le FESPACO, n’est pas à occulter. Que de rapprochements et de collaborations professionnelles, de fraternité, d’amitié, de tolérances et de paix en ont découlés des grands écrans ou des différentes opportunités d’échanges et de partage initiées par le festival.

Autant de valeurs générées qui ont puissamment forgé la détermination de la biennale à défier dans le temps, des contextes sociopolitiques ou idéologiques parfois hostiles et violents, pour se tenir. Ce faisant, elle a pu ainsi se positionner comme un instrument d’indispensable apaisement tant recherché dans le monde au profit du développement harmonieux de nos Etats et de la cohésion entre les peuples. En outre, les cinéastes africains sont convaincus, au-delà de la conquête de l’Etalon d’or de Yennenga, que cette chaleur humaine incomparable fait toute la différence durant leur séjour au FESPACO. C’est toute cette humanité, en plus des enjeux professionnels, que le FESPACO veut continuer de porter durablement à travers les productions filmiques de l’Afrique et de sa diaspora. Espérons que le thème « Confronter notre mémoire et forger l’avenir d’un cinéma panafricain dans son identité, son économie et sa diversité » puisse y aider et inspirer nos professionnels africains de l’image à faire rayonner, par des oeuvres plus pertinentes et plus audacieuses, l’industrie cinématographique africaine.

L’Institut français sera exceptionnellement ouvert pour la diffusion de films lors du FESPACO.