Le 28 novembre 2017, à Ouagadougou, le président de la République française a rompu avec plusieurs décennies de pratiques et de discours officiels français en matière de patrimoines et de musées. « Je veux que d’ici cinq ans les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires, ou définitives, du patrimoine africain en Afrique », déclara-t-il dans son désormais historique discours de Ouagadougou.

Bénédicte Savoy et Felwine Sarr ont rendu leur rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain, dont le sous-titre « Vers une nouvelle éthique relationnelle » pousse à repenser la coopération entre les professionnels des musées, la conservation et la diffusion de ce patrimoine indispensable à l’éducation de l’humanité.

La Nuit des idées 2019 consacrera un nouveau temps d’échanges sur la restitution du patrimoine culturel africain, et en particulièrement au Burkina Faso. Elle discutera une multitude de défis à orchestrer par les Etats futurs récipiendaires : quelles normes atteindre pour la bonne conservation des oeuvres ? Qu’est-ce qu’un musée en Afrique ? Quel accueil du public demain ? Quel niveau de formation requis pour les personnels ? Quelle méthodologie pratique de restitution élaborée entre experts des pays concernés ?

Projection du film L’Afrique Collectionnée de Christian Lajoumard:
L’Afrique collectionnée est un état des lieux des complexes relations nord/sud autour des problématiques liées à l’art traditionnel africain : conservation, dépossession, restitution, marché… Le film confronte et met en perspectives les différentes voix qui président aux destinées de ces oeuvres et trace les grandes lignes de discussions essentielles pour un futur partagé.

Après des études universitaires en théâtre et cinéma, Christian Lajoumard, travaille à partir du milieu des années 80 dans la distribution de films Art & Essais, la production de documentaires et de fictions. Depuis 1998 il réalise des films courts et des documentaires de création. Beaucoup de ses films ont pour cadre le continent africain et traitent, notamment, des pratiques culturelles, traditionnelles et modernes.

INTERVENANTS:

Gaëlle Beaujean est responsable des collections Afrique au musée du quai Branly-Jacques Chirac et docteur en anthropologie sociale. Sa thèse portait sur « L’art de cour d’Abomey : le sens des objets », à paraître au premier trimestre 2019 aux Presses du réel. Au musée du quai Branly-Jacques Chirac, elle fut commissaire de l’exposition « L’Afrique des routes » (31 janvier – 12 novembre 2017) et d’ Artistes d’Abomey- Dialogue sur un royaume africain en 2009 et conseillère scientifique de l’exposition Objets blessés : la réparation en Afrique en 2007.

Jean-Paul Koudougou est historien de formation et a complété son cursus en management du Patrimoine culturel à L’Université Senghor d’Alexandrie (EGYPTE). Après avoir été Conservateur du Musée de la musique de Ouagadougou, il a occupé les postes de Directeur de la Promotion des Musées (DPM), Directeur Général du Patrimoine Culturel (DGPC), Directeur Général du Musée national (DGPC) et aura occupé le poste de Secrétaire Général du Ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme de septembre 2017 à décembre 2018.

Samuel Sidibé a été directeur du Musée national du Mali de 1987 à 2018. Au cours de cette longue période il a porté le Musée National au rang d’un des plus grand musée du continent. Samuel Sidibé est aussi reconnu par son engagement pour la protection du patrimoine africain contre le pillage et le trafic illicite.

Francis Simonis est maître de conférences en histoire de l’Afrique à l’Université de Provence, chercheur à l’Institut des mondes africains (IMAF) et président de l’Association des amis des archives d’outre-mer (AMAROM). Il a coordonné en novembre 2017 aux Archives nationales d’outre-mer le séminaire intitulé « De la Haute-Volta d’hier au Burkina Faso d’aujourd’hui, un siècle de patrimoine culturel ».